Avoir des capacités c'est bien. Croire en elles, c'est mieux !

Mis à jour : avr. 25

Albert Bandura (Docteur en Psychologie), s'est aperçu dans sa pratique clinique que la capacité de ses patients à entreprendre un changement dépend largement de leurs croyances en cette capacité. Vous avez déjà certainement vécu cette expérience vous-même ou l'avez remarqué chez une personne. Parfois, il peut nous arriver d'agir d'une manière qui peut nous être préjudiciable, qui ne correspond pas à notre objectif ou qui ne reflète pas nos compétences réelles. Pourtant, nous possédons les capacités permettant de répondre au mieux à la situation donnée. Mais croyons nous réellement en nos capacités ? C'est là qu'est toute la différence.


"La confiance en soi n'assure pas nécessairement le succès, mais l'incrédulité engendre assurément l'échec." Albert Bandura, 1997

L'auto-efficacité


L'auto-efficacité (ou sentiment d'efficacité personnelle) est l'appréciation qu'a un individu à réussir une tâche donnée. Donc ici, il ne s'agit pas de questionner les capacités en terme de quantités, de qualités. On ne questionne que la croyance en ces capacités. Nous allons prendre un exemple parlant :


John a souhaité démarré une psychothérapie pour prendre en charge son trouble de l'usage de l'alcool. Après quelques séances, il est temps de passer à l'action. John se sent prêt. Le psychologue lui demande alors à combien il se sent capable de résister à entrer dans le bar où il a l'habitude de prendre un verre après le travail. John lui répond qu'il est sûr de pouvoir résister à entrer. Le psychologue poursuit ces questions pour connaître la confiance de John en sa capacité à s'abstenir de consommer. Sur les questions qui se rapportent à l'humeur triste, négative, John explique qu'il ne pense pas pouvoir s'empêcher de prendre une boisson alcoolisée.


Ces éléments que recueillent le psychologue vont l'aider à déterminer le sentiment d'efficacité de John à s'abstenir de consommer de l'alcool. Il vaut donc mieux prendre des situations précises car toutes les situations ne sont pas nécessairement vécues de la même façon.


Logique et conséquences du sentiment d'efficacité personnelle


John a donc expliqué qu'il aura des difficultés à s'abstenir de consommer s'il ressent une humeur triste. Malheureusement, si une personne estime de ne pas pouvoir produire de résultats satisfaisants, malgré son objectif (ici : abstinence consommation), elle n'essaiera pas de les provoquer.

La manière dont on croit en nos capacités influence nos pensées, nos sensations, nos motivations et nos comportements.


Les avantages d'un sentiment d'efficacité personnelle fort


Bien sûr, ce concept n'est pas réservé à la psychothérapie. La réussite scolaire, le monde du travail, le sport, sont également des domaines d'application de l'auto-efficacité.

Les personnes qui croient fort en leurs capacités abordent les situations difficiles comme des défis à relever plutôt que des menaces à éviter. Elles auront donc tendance à fixer des objectifs plus élevés que les personnes qui ne croient moins en leurs capacités. En cas où l'objectif n'est pas atteint, la personne ayant un sentiment d'efficacité fort, réfléchira de manière plus objective ce qui la rend plus persévérante.


Comment travailler sa croyance en ses capacités ?


Comme dans bien des cas, l'environnement est très important. Pour croire en nos capacités, nous avons besoin d'un entourage qui nous permet de le faire et peu importe la problématique que nous souhaitons régler.

  • Trouver un "modèle" : observer une personne que vous connaissez (ou recherchez), avec qui vous partagez un certain nombre de caractéristiques et qui semble réussir là où vous, vous rencontrez une difficulté. Interagissez avec cette personne qui va vraiment vous êtes source d'informations. Partageant un certain nombre de caractéristiques, le but est d'arriver à la pensée suivante : "s'il y arrive, pourquoi pas moi". Cela favorisa les tentatives d'imitation.

  • Encourager : admettons que vous ayez été choisi comme "modèle" par un de vos collègues. En encourageant ce dernier "tu peux le faire", vous viendrez nourrir son sentiment d'efficacité personnelle.

  • Chercher les réussites : à force d'essais concluant, voire de la mise en place d'une nouvelle habitude, votre cerveau engendre des expériences positives qu'il lui sera possible de reproduire.

  • Gérer ses émotions : lorsqu'un nouvel objectif ou une situation se présente face à nous, nous nous basons sur l'information transmise par notre état physiologique et émotionnel. Ainsi, plus nous parviendrons à gérer nos émotions, plus nous aurons confiance en nos capacités dans la situation (article gestion des émotions : ici).


Sources :

Bruchon-Schweitzer, M. & Boujut, É. (2014). Les aspects protecteurs de la personnalité. Dans : , M. Bruchon-Schweitzer& É. Boujut (Dir), Psychologie de la santé: Concepts, méthodes et modèles (pp. 277-371). Paris: Dunod.

de Almeida Carapato, E., & Petot, J.-M. (2004). L’intérêt clinique du concept d’efficacité personnelle. Savoirs, Hors série(5), 135. https://doi.org/10.3917/savo.hs01.0135

DiClemente, C. C., Carbonari, J. P., Montgomery, R. P., & Hughes, S. O. (1994). The Alcohol Abstinence Self-Efficacy scale. Journal of Studies on Alcohol, 55(2), 141-148. https://doi.org/10.15288/jsa.1994.55.141

Lecomte, J. (2004). Les applications du sentiment d’efficacité personnelle. Savoirs, Hors série(5), 59. https://doi.org/10.3917/savo.hs01.0059




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